Extrait du livre.
Comment éradiquer le cancer. Prosper M’Bemba-Meka. 11 octobre 2013. Editions MultiMondes .
Le cancer est la résultante de plusieurs déterminants de la santé, dont l’hygiène de vie individuelle et des facteurs physiques, environnementaux et alimentaires. La prévention du cancer telle que pratiquée actuellement est surtout passive, car elle ne cherche qu’à diminuer l’influence des facteurs de risque, se limitant à décréter des interdictions d’usage des produits de tabac, par exemple. Cette façon d’individualiser le risque en intervenant sur le tabac ou l’alcool ne peut aboutir à aucun résultat efficace, car le cancer touche toutes les sphères de notre vie. Quant à la détection précoce, elle ne représente nullement une solution puisque, quand un cancer est détecté, cela signifie que le processus évolutif de la maladie est en cours et a touché des milliards de cellules, il y a déjà des années.
L’objectif poursuivi dans ce livre est de faire prendre conscience au grand public du pouvoir qu’il a sur sa santé et donc de la responsabilité que chacun détient vis-à-vis de lui-même. Les décideurs politiques en matière de santé ont aussi une responsabilité comme acteurs principaux dans la gestion de la santé publique ; ils jouent un rôle déterminant dans le déclenchement et le développement des maladies de leurs concitoyens.
Ce livre vise donc à montrer comment notre société peut se prémunir contre le cancer en appliquant les connaissances scientifiques accumulées sur cette maladie.
Au Canada, en dépit d’une espérance de vie élevée, la santé des Canadiens se dégrade rapidement. L’explosion des nouvelles technologies et la tendance à la mondialisation ont des effets destructeurs sur notre organisme, dont le cancer. Pour éviter ces conséquences néfastes, il faut agir sur les causes et, pour ce faire, les comprendre. Il est maintenant connu que 80 % des cancers sont causés par l’environnement. Les chercheurs pensent que jusqu’à un tiers de tous les cancers peuvent être attribuables à ce que l’on mange et à ce
que l’on boit, à notre poids corporel et à la quantité d’activité physique que nous faisons. Les connaissances actuelles sur les conditions de travail, les effets de la pollution environnementale, les effets néfastes de l’industrie agro-alimentaire et de mauvaises pratiques agricoles, l’hygiène de vie personnelle ainsi que les données existantes sur les bienfaits des aliments anticancéreux devraient permettre à chacun
de les appliquer à lui-même afin d’éliminer toute possibilité de la formation même d’une première cellule cancéreuse.
D’une part, nous savons que notre santé et notre bien-être dépendent de nos choix de style de vie. De plus, il y a un deuxième acteur dont les choix sont encore plus déterminants pour la santé des citoyens : cet acteur est bien évidemment notre gouvernement. La pollution de notre environnement par des substances toxiques et des conditions de travail qui nous exposent sans cesse à des cancérogènes ainsi que la transformation industrielle (agrochimie, agriculture et élevage) des aliments montrent que les choix de politiques de notre gouvernement sont les causes du développement et de la progression spectaculaire du
nombre et des formes de cancer dans la population canadienne.
Le cancer, comme problème de santé et tel que nous le comprenons U e nos jours, est un mal trop grave et ancré dans tous les aspects de notre vie pour être laissé aux seuls chercheurs cancérologues. Ce n’est pas seulement l’affaire des oncologues qui soignent ou tentent de guérir les cancéreux. Il faut aussi y associer les médecins du travail, les
toxicologues, les spécialistes en santé publique, les épidémiologistes, les environnementalistes, les biologistes, les chimistes, les agronomes, les nutritionnistes et aussi les simples citoyens, afin de libérer le débat sur le cancer du cadre strict de la santé.
Le cancer n’est pas une fatalité, car il ri existe pas dans l’environnement naturel, non dégradé par l’homme. Nous le savons maintenant, les cas de cancers étaient très rares avant la révolution industrielle et presque inexistants dans l’antiquité. C’est donc la façon de vivre dans les pays industrialisés, les conditions de travail, l’environnement pollué et les pratiques alimentaires qu’il faut absolument remettre en cause, si l’on veut réellement éradiquer cette maladie, symbole d’une culture matérialiste à la dérive dans nos sociétés
Je suis convaincu que les connaissances actuelles nous permettent de comprendre ce que
c’est le cancer ainsi que le processus qui amène son développement. Par conséquent, nous pouvons appliquer ces connaissances en amont du processus, afin d’éradiquer ce mal qui ravage notre société, au lieu de nous acharner en aval pour trouver des thérapies an ti cancer comme les Américains l’ont fait en dépensant 200 milliards de dollars pour trouver des thérapies anticancer sur des souris. Trente-cinq ans après, l’espérance de vie moyenne d’un patient après diagnostic d’un cancer n’a progressé que de quelques semaines, simplement parce qùils n’ont pas attaqué les bons acteurs tels que je les ai décrits dans ce livre. Une meilleure utilisation des connaissances existantes permettrait d’éradiquer le cancer à travers le monde.
L’éradication du cancer trouve son fondement dans la prévention véritable, c’est-à-dire aider la population à ne pas développer de cancer. Le combat contre cette maladie concerne non seulement les citoyens en tant qu’individus mais aussi leurs gouvernements à travers leurs politiques, en créant un système de lutte contre le cancer qui comprend des lignes directrices et des normes garantissant la salubrité alimentaire, la qualité de l’agriculture et de l’industrie agrochimique, des conditions de travail exemptes d’un risque élevé de cancer, ainsi que la santé environnementale pour préserver et maintenir la santé et le mieux-être de la population, la recherche axée sur la surveillance biologique de l’exposition et des effets précoces dans la population, le suivi des données sanitaires, la surveillance médicale et de la main d’oeuvre affectée à la lutte contre le cancer.
Livre: Comment éradiquer le cancer. 11 octobre 2013. Editions MultiMondes.
