Thèse : à propos du jeûne volontaire. 1986
Université scientifique et médicale de Grenoble.
Sources :
- http://jeune-et-sante.forumcanada.org/t504-these-de-m-duverney-guichard-conclusion-et-bibliographie
- http://jeune-et-sante.forumcanada.org/t758-les-opposants-au-jeune
Examens effectués durant le jeûne de 42 jours supervisé par le docteur Michel Duverney-Guichard
Une partie de ces examens était effectuée à l’hôpital et les autres chez le patient jeûneur.
Dosages Sanguins :
Tube n° 1 :
les oligo-éléments : Zinc, cuivre. fer. sélénium. manganèse.
le magnésium
Les protéines
le Rétinol
le Béta carotène.
l’acide folique.
Tube n° 2 :
le Béta hydroxybutyrate.
le lactate.
l’ammoniaque.
Vitamine B2 et B5
Tube n° 3
*zinc leucocytaire.
Tube n° 4
zinc échangeable.
électrolytes.
glucose.
urée.
créatinine.
acide urique.
bilrubine,
*phosphetase alcaline
Tube n° 5
Numération Formule Sanguine – Population lymphocytaire. 2) Urinaires :
les oligo-éléments : zinc, cuivre. manganèse. fer,
l’amylase.
la méthyl histidine,
la créatinine.
l’urée.
les électrolytes.
Les examens ont débuté cinq jours avant le jeûne (-5) pour se terminer cinq jours après le jeûne (47).
1. Protocole 1.1. LE SUJET ET SES MOTIVATIONS
II s’agit d’un homme de 42 ans professeur de Yoga, dont le poids est de 66 Kilos et la taille de 171 cm. II a entrepris ce jeûne pour des motifs personnels : «Bataille d’une certaine qualité de la vie contre l’encombrement physique et mental. »
Il possède une expérience ancienne de la pratique du jeûne de longue durée en particulier un jeûne de 40 jours au cours de l’été 1982 et de 30 jours en septembre 1983.
Il s’est soumis bien sûr de façon volontaire à cette étude et avec un esprit curieux.
1.2 LE DÉROULEMENT DU JEÛNE – CONDITIONS MATÉRIELLES
La durée du jeûne a été de 42 jours. II s’agissait d’un jeûne complet avec apport hydrique libre (eau du robinet uniquement) sans supplémentation vitaminique ou minérale sans prescription médicamenteuse. Le jeûne s’est déroulé du 7 mai au 17 juin 1984 période durant laquelle les conditions climatiques ont été plutôt défavorables temps froid et pluvieux.
Le sujet vivait dans un camion aménagé installé dans un terrain de camping à Saint Martin d’Uriage.
L’activité physique du jeûneur fut réduite mais non stoppée ; il effectuait une promenade quotidienne d’une durée de 20 à 30 minutes. L’activité intellectuelle fut également restreinte, travail d’écriture (livre sur le Yoga) moins d’une heure par jour en moyenne.
Si les examens cliniques ainsi que les prises de sang ont été réalisés sur place les examens spécialisés ont nécessité le transport 2 fois par semaine au CHU de la Tronche, ce qui représente une dépense physique et psychique certaine (déplacements dans les couloirs de l’hôpital. ascenseur.).
Résultats de quelques examens :
2.1.8. Électroencéphalogramme
– le tracé électro-encéphalographique après 24 jours de jeûne demeure normal avec un rythme de base stable (B.9 Hertz â J24. 9 Hertz à J-5)
– les épreuves de stimulation sont tout à fait comparables.
2.2. FONCTIONS SENSORIELLES ET INTELLECTUELLES
2.2.1. Examen ophtalmologique
L’examen ophtalmologique du sujet après 32 jours de jeûne n’a pas révélé de détérioration. Ainsi, l’acuité visuelle et l’émétropie, le tonus oculaire, l’examen du fond d’oeil, la perception des couleurs sont sans changement. L’étude du champ visuel retient un rétrécissement des isoptères très modéré avec le test à faible luminosité.
2.2.2. Audiométrie
Les courbes audiométriques réalisées à J24 sont tout à fait superposables à celles réalisées antérieurement.
2.2.3. Étude neuro psychologique
L’analyse des différents tests et épreuves pratiqués n’a pas montré de modification des performances au cours des 3 premiers examens. Par contre, à partir de la 4e semaine, on note une détérioration avec un abaissement des rendements à toutes les épreuves. Ceci n’est pas dû à une diminution des capacités intellectuelles, mais à une baisse de l’efficience liée à un ralentissement général.
Quelques tableaux montrant l’évolution du jeûne de 42 jours supervisé par le docteur Duverney-Guichard :
On peut noter que les taux sériques (sang) de divers minéraux, oligo-éléments et vitamines sont pour ainsi dire toujours dans les normales, même à la 32e journée de jeûne.
Les examens ont été effectués cinq jour (-5) avant le jeûne et jusqu’à cinq jours après le fin du jeûne (42) au jour (47) pour certains paramètres
Na (sodium), K (potassium), Cl (chlorure), Ca (calcium), P (phosphore) Mg (magnésium),
Acide folique, vitamines B6, B2, Béta carotène, Fer, Ferritine, Transférine … etc. …
4e partie : Conclusions
Le jeûne en lui-même n’a fait l’objet que de peu de travaux scientifiques approfondis. Notre recherche bibliographique nous a conduit à constater que les ouvrages sur ce thème concernent le plus souvent des états proches du jeûne mais qui cependant en diffèrent par leur nature (grèves de la faim, dénutritions volontaires, régimes restrictifs, etc.) Aussi faut-il admettre la persistance de questions fondamentales sur le jeûne sa physiologie, ses dangers, ses éventuels effets bénéfiques.
Nous avons, au cours de notre travail réalisé l’observation d’un sujet durant un jeûne volontaire complet avec apports hydriques libres (eau de distribution uniquement), sans supplémentassions minérale, vitaminique aux autres. La durée de l’expérience a été de 42 jours, chez un homme de 42 ans ayant déjà pratiqué des jeûnes antérieurs de longue durée, dont un de 40 jours.
Certains des paramètres que nous avons retenus avaient déjà été suivis lors de travaux antérieurs portant sur des situations proches de celle du jeûne. Nos propres résultats recoupent ceux déjà enregistrés et confirment la capacité d’adaptation du corps :
– sur le plan du métabolisme énergétique par exemple, nous retrouvons l’augmentation des corps cétoniques et des acides gras au niveau sanguin, la stabilisation de la glycémie.
– concernant le métabolisme protéique, on note en particulier la limitation du catabolisme mise en évidence par le dosage de la méthyl-histidine urinaire qui est basse, l’augmentation connue de l’uricémie. les modifications de certaines protéines sanguines.
– l’équilibre hydre-électrolytique est préservé : les courbes montrant la baisse de l’excrétion urinaire des différents ions sont à cet égard très significatives.
Notre étude a un caractère plus original en ce qui concerne les vitamines et les oligo-éléments. Si l’élévation de la zincémie avait déjà été relevée, nous n’avons pas trouvé de références pour les autres oligo-éléments et les vitamines au cours du jeûne. Nous avons noté l’absence de signe carentiel clinique et biologique pour le Fer, le cuivre, le manganèse le sélénium, les vitamines A, B2, B6, Bg.
Notre observation clinique nous a permis de noter l’amaigrissement et la fatigabilité importante, la baisse de la tension artérielle et l’existence d’une hypotension orthostatique quelques paresthésies et des phénomènes de crampes au niveau des membres inférieurs.
Ces troubles n’ont pas empêché le sujet de conserver jusqu’au 42e jour une activité physique modérée soit environ une demi-heure de marche quotidienne.
Les examens paracliniques ont donné les résultats suivants :
- le métabolisme de base semble s’abaisser,
- l’électrocardiogramme ne se modifie pas,
- l’électro-encéphalogramme au 24e jour reste inchangé,
- l’étude des fonctions supérieures ne montre aucune atteinte de leur niveau malgré des performances diminuées par la fatigabilité après la 3e semaine,
- l’examen des fonctions sensorielles, vision et audition est sans anomalie, l’olfaction étant de façon subjective très développée,
- sur le plan de l’immunité, l’observation des populations lymphocytaires ne révèle aucun changement significatif, les tests cutanés d’hypersensibilité mettent en évidence des réactions très faibles après trois semaines.
Aussi, à la question essentielle de savoir si des troubles graves cliniques, paracliniques ou biologiques pouvant mettre en jeu la vie du sujet ont été démontrés, nous serions tentés de répondre négativement.
Ceci évidemment ne permet pas de conclure péremptoirement à leur inexistence ni de réfuter la possibilité, à tout moment, de complication brutales et très graves. Nous éviterons par ailleurs de généraliser des résultats obtenus à partir d’un cas isolé, de même que nous ne porterons pas de jugement sur l’innocuité ultérieure de cette expérience. Cependant, cette étude, en particulier par l’observation de certains paramètres originaux comme les oligo-éléments et les vitamines peut, nous l’espérons, contribuer à une meilleure connaissance des phénomènes d’adaptation du corps et des complications éventuelles liées à l’état du jeûne.
Nous avons enfin au long de cette étude évoqué à quelques reprises la possibilité d’un intérêt thérapeutique à la pratique du jeûne. Sans revenir ici sur des points particuliers pouvant présenter dans ce sens quelques aspects positifs, nous voulons envisager de façon plus générale cette question.
Ainsi pourquoi ne pas supposer que les modifications métaboliques induites par le jeûne puissent comporter quelques bénéfices ?
Ne peut-on imaginer que cette forme «d’autolyse sélective» que constitue le jeûne permette dans un temps limité un «apport nutritionnel» plus adapté aux besoins des cellules impliquées dans des fonctions essentielles de l’organisme? L’évolution de l’état du zinc n’est-elle pas à cet égard démonstrative?
Telles sont certaines des voies qui, à notre avis mériteraient d’être explorées plus avant. En définissant plus précisément le champ de travaux de recherche, la fonction immunitaire par exemple, en limitant la durée du jeûne à quelques jours, en élargissant au contraire la population étudiée, il serait sans doute possible de déboucher sur des conclusions intéressantes.
On peut noter que le docteur Duverney-Guichard reste prudent puisqu’il s’adresse à des médecins, sachant que le corps médical n’est pas très ouvert à de nouvelles approches « alternatives ». Néanmoins, les résultats positifs de ses observations sont très évidents et convaincants.





