Les lobbyistes et communiquants des cigaretiers sont arrivés dans l’industrie agro-alimentaire depuis la fin des années 70 , ils aiment bien utiliser la science pour créer de l’ignorance et faire reculer la progression du savoir.

Source : France Inter. Emission Grand bien vous fasse!

Date 26 décembre 2016

Extraits de l’émission

Erwann Menthéour, journaliste et écrivain spécialisé dans le bien-être. « Et si on décidait d’aller bien » édition Pocket
Les lobbyistes et communiquants des cigaretiers sont arrivés dans l’industrie agro-alimentaire depuis la fin des années 70 , ils aiment bien utiliser la science pour créer de l’ignorance et faire reculer la progression du savoir [1]

On met vingt ans pour découvrir qu’un additif est cancérigène, on met vingt ans pour découvrir que le cholestérol n’était finalement pas lié aux maladies cardiovasculaires (voir notre article…)
La science, oui, quand les gens sont indépendants. Aujourd’hui il y a un vrai problème d’indépendance au niveau de la science. beaucoup de médecins qui font autorité, des grands médecins de la nutrition, ont tellement de conflit d’intérêt, qu’on ne devrait pas leur donner la parole.


Aujourd’hui on meurt plus de l’excès (de nourriture) que de la faim.

Notre alimentation a plus changé en 70 ans qu’en trois millions d’années. Or on a le même patrimoine génétique que notre ancêtre préhistorique. Ce n’est pas en festoyant ponctuellement que cela va poser problème. C’est le fond nutritionnel, l’exposition quotidienne qui fait le poison.

Thibaut de Saint-Maurice. Professeur de Philosophie au lycée Gustave Eiffel de Rueil-Malmaison.
Jean-Michel Cohen a beaucoup utilisé ces dernières années le terme d’orthorexique (qu’on peut traduire par : « il faut manger ceci », « il ne faut pas manger cela », etc.). On devient malade de tout ce qu’on mange et qu’on fait attention à tout ce qu’on mange. Nous baignons dans un environnement toxique sans précédent, tant d’un point de vue alimentaire qu’environnemental.
Ne pas avoir une conscience excessive et ne pas prendre un soin excessif de ce qu’on est en train de manger, et des pollutions auxquelles on s’expose est en train de nous préparer à un avenir noir.
En 2013, un homme sur deux sera stérile. Ce sont les enfants qu’on est en train de faire grandir maintenant. Plus de détails dans son livre « Et si on arrêter d’empoisonner nos enfants » (sortie prévue le 26 janvier)
Notre métier de médecins nutritionnistes, c’est de faire des ré-équilibrages alimentaires. On voit des gens qui ont une alimentation industrielle, une alimentation totalement déséquilibrée. Il faut faire ce rééquilibrage alimentaire. A l’hôpital, je m’occupe beaucoup de maladie auto-immunes, et les aliments contre les maladies auto-immunes.

On vit dans un monde qui nous rend malade. Depuis 30 ans, les cancers chez les enfants ont augmenté de 1,1% tous les ans, malgré ls progrès de la médecine. S’il y a autant de cancer chez ces enfants, c’est à cause de cet environnement toxique. Soyons donc très vigilant sur ce quoi nous les exposons d’un point de vue alimentaire.

On nous dit : « L’espérance de vie augmente » car on a fait des progrès sur le plan infectiologique, mais le problème des cancers chez les enfants c’est absolument dramatique et ce n’est pas prêt de s’arrêter à cause des polluants, qu’on va trouver dans certains gras. D’où l’importance de bien les choisir.

Laurent Chevallier, médecin nutritionniste
Aujourd’hui il y a une démission du pouvoir public, Bien entendu, il y a des études qui font autorité, mais, là, j’ai beaucoup d’amis à l’INSERM, et certains m’expliquent qu’ils n’ont des subventions publiques que si … les industriels ont déjà commencé à subventionner!
Or les industriels vont orienter un peu les études. On a des messages qui sont brouillés à cause des conflits d’intérêt.

Physiologiquement, l’homme est capable de trop manger à certains périodes sans qu’il y ai des conséquences, et à l’inverse, il est capable de supporter des périodes de disette (voir l’article sur le ramadan, l’obésité et l’insulino-résistance)
C’est un peu une surprise. Et le message de l’industrie agronomique était de dire « manger de façon régulière à peu près avec un nombre de calories quotidien constant », en fait pas du tout. L’histoire de l’humanité, nous montre qu’on peut faire des festins, mais sans le faire trop souvent.
A propos du beurre.
Qu’est-ce qu’on essaye de nous mettre dans nos assiette ? Des acides gras trans, des huiles transformées par voie industrielle, très athérogène, néfastes sur le plan cardiovasculaire. On s’accorde à dire que cela n’est pas très bon mais les pouvoirs publiques n’ont jamais légiférer sur les acides gras trans, ce qui est inimaginable au niveau européen.
Du coup, on nous met de l’huile de palme. Et on nous dit que si vous ne voulez pas de l’huile de palme, on peut revenir aux acides gras trans. Mais l’huile de palme, on en veut pas non plus.
L’huile de palme favorise l’insulino-résistance, cela peut favoriser l’inflammation. L’huile de palme est un enjeu politique, diplomatique et d’environnement. Ce n’est pas actuellement (et malheureusement) un enjeu de santé.

Aujourd’hui, le gras, comme le saint doux, ce n’est pas QUE des acides gras saturés, ce sont aussi tous les polluants dits lypophiles, la dioxine, les PCB, les polybromés, les produits anti-feux, tous ces produits qu’on va retrouver (dans notre corps). On absorbe ces substances la, et elles vont rester dans notre gras. Et ensuite on est étonné d’avoir des maladies, une explosion du nombre de cancer.
En France on détecte 1000 nouveaux cas de cancer. Il faut faire une vrai politique de prévention.

On nous dit qu’il faut manger un peu de tout et cela ne pose pas de problème. Cela est un message de l’industrie. Ce n’est pas du tout bon à appliquer. Il faut au contraire faire absolument attention à son alimentation.

Huiles recommandées: Huile de colza, huile de noix, etc. Elles contiennent des stérols

Poissons recommandés. Flétans, sardines, anchois, poissons de début de chaine (pour éviter l’accumulation de poisons).

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[1] Risques : comment les industriels manipulent la science

»» Lien Extrait :

Stéphane Foucart : La technique « d’utilisation de la science » a été théorisée par John Hill, un grand communicant américain. Les industriels de la cigarette l’ont appelé au secours en 1953, au moment où sont publiés les premiers travaux scientifiques sur le lien entre cigarette et cancer. Suite à une réunion de crise [1], John Hill rédige un petit mémo, dans lequel il dit en substance : « La science est un outil très puissant, dans lequel les gens ont confiance. On ne peut pas l’attaquer frontalement. Il faut procéder autrement. En fait, il faut faire de la science, l’orienter, la mettre à notre main ». John Hill propose notamment la création d’un organe commun aux géants de la cigarette, pour financer la recherche académique, menée au sein de laboratoires universitaires par exemple. Des centaines de millions de dollars seront injectés dans la recherche via cet organe. Pour financer des études qui concluent à l’absence de danger du tabac, mais pas seulement. Ils ont par exemple beaucoup financé la recherche en génétique fonctionnelle, qui décortique les mécanismes moléculaires dans le déclenchement des maladies.