Source: site lanutrition.fr
- Nouvelle étude : le lait entier est associé au cancer fatal de la prostate au-delà d’une seule portion par jour
- Cette étude renforce les interrogations sur les recommandations officielles visant à consommer 3 à 4 laitages par jour
- LaNutrition.fr recommande désormais de ne pas dépasser une portion de laitages par jour
Faut-il faire figurer un avertissement sur les bouteilles de lait, les yaourts et les fromages, comme cela existe pour le tabac, afin d’informer la population des risques des laitages à dose élevée, voire même à dose modérée ? La question est ouvertement posée après une nouvelle étude publiée dans l’édition de janvier du Journal of Nutrition confirmant que la consommation de produits laitiers est associée à un risque plus élevé de cancer de la prostate. Cette fois, c’est surtout le lait entier qui est en cause (1).
L’analyse a été conduite par les chercheurs de l’Ecole de santé publique de Harvard, à partir des données issues de l’étude des Professionnels de santé (Physicians’ Health Study) portant sur 21660 participants.
Par rapport aux hommes qui consommaient moins d’une demi-portion de laitages par jour, ceux qui en consommaient plus de 2,5 avaient un risque de cancer plus élevé de 12%. Le lait écrémé ou demi-écrémé était associé à un risque de cancer localisé, de stade précoce, alors que le lait entier était associé à un risque de cancer fatal, soit un risque accru de 49% pour une quantité supérieure à 237 mL par jour (1 portion). Lorsque la survie est prise en compte, la consommation de lait entier est également associée à un risque de progression vers un cancer fatal multiplié par 2,17.
On dispose désormais de très nombreuses preuves, aussi bien épidémiologiques qu’expérimentales, qui incriminent la consommation de laitages dans le cancer de la prostate, en particulier sous ses formes les plus agressives. Ainsi, chez l’animal, la consommation de lait entier stimule le développement de tumeurs de la prostate (2).
Les pouvoirs publics encouragent toujours l’ensemble de la population à consommer 3 à 4 portions de laitages par jour en dépit des preuves montrant que cette stratégie ne réduit pas les fractures osseuses. Compte tenu des dernières données scientifiques, LaNutrition.fr conseille désormais de limiter par précaution sa consommation de laitages à une portion par jour, à l’instar de l’Ecole de santé publique de Harvard. Cette dose d’une portion de laitages par jour n’est pas associée à des risques particuliers et peut donc être consommée sans risque si l’on tolère les laitages.
Pour aller plus loin, lire : Lait, mensonges et propagande nouvelle édition de Thierry Souccar.
Source : fr.sotte.net
Le lait mauvais pour la prostate ?
Voilà une nouvelle qui ne fera pas le bonheur des producteurs laitiers du Québec. Un chercheur de l’unité d’épidémiologie du Centre hospitalier de l’Université de Montréal conclut que boire trop de lait pourrait causer le cancer de la prostate.
Dr Parviz Ghadirian et une collègue de l’Institut européen du cancer sont parvenus à établir un lien entre la consommation élevée de lait et l’augmentation du risque de souffrir d’un cancer de la prostate. L’étude a été menée sur 197 patients ayant un diagnostic d’un tel cancer.
Dans leur travail, les chercheurs ont mesuré les corrélations entre ce cancer et plus de 200 produits alimentaires. Ils sont finalement arrivés à la conclusion que seuls les produits laitiers représentent un facteur de risque. Selon eux, la consommation de plus de 470 grammes de produits laitiers par jour (un peu plus que deux verres de lait) double le risque d’être atteint d’un cancer de la prostate, comparativement à une personne qui consomme seulement 125 grammes quotidiennement.
À l’encontre des publicités
La publication de ces résultats arrive à un bien mauvais moment, alors que la Fédération des producteurs de lait du Québec mène actuellement une importante campagne de publicité pour faire la promotion du lait. Les publicités, diffusées autant à la radio, à la télévision que sur Internet, misent notamment sur le caractère «réconfortant» de la boisson blanche.
On se souvient aussi de l’apparition du populaire slogan «Un verre de lait c’est bien, mais deux c’est mieux», il y a quelques années et qui est, encore aujourd’hui, identifié aux publicités du lait. Au cours des dernières années, la Fédération a aussi multiplié les publicités avec deux verres de lait.
Autres études, autres conclusions
Les producteurs laitiers du Canada n’ont pas tardé à réagir à cette étude. Selon eux, on ne peut se baser sur une seule étude pour en arriver à de telles conclusions.
Selon le plus récent rapport de l’Institute for Cancer Research et du Fonds mondial contre le cancer réalisé en 2007, aucune donnée ne permet de suggérer qu’une forte consommation de lait et de produits laitiers soit associée au cancer de la prostate.
Les producteurs laitiers citent également une analyse effectuée en 2008, sur la base de 45 études et 26 769 cas de cancer de la prostate, qui en arrive à la même conclusion.
Références
(1) Song Y, Chavarro JE, Cao Y, Qiu W, Mucci L, Sesso HD, Stampfer MJ, Giovannucci E, Pollak M, Liu S, Ma J. Whole Milk Intake Is Associated with Prostate Cancer-Specific Mortality among U.S. Male Physicians. J Nutr. 2013 Feb;143(2):189-196.
(2) Qin LQ. The effects of commercial whole milk on the prostate carcinogenesis in rats with or without induction by 2-amino-1-methyl-6-phenylimidazo[4,5-b]pyridine. J Health Sci 2006 52(4):419-424.
